
Lorsque la phytothérapie moderne parle de plantes médicinales, elle désigne le plus souvent des principes actifs. L'acide rosmarinique dans la mélisse. L'hypericine dans le millepertuis. L'escine dans le marronnier d'Inde. Ces substances peuvent être analysées, quantifiées, standardisées. Elles constituent le point de départ de la réglementation des médicaments à base de plantes et de leur commercialisation.
Ceres part d'un autre point de départ. Ce n'est pas la question de savoir quel principe actif isolé est présent à quelle concentration qui est au centre. Mais plutôt : quelle est l'essence de cette plante — et comment la transformer de sorte qu'elle reste accessible dans le préparat ?
Une plante médicinale est un être vivant qui réagit à son environnement. Elle pousse en un lieu déterminé, dans des conditions de lumière et d'humidité précises, à une saison déterminée. Elle est en relation avec le sol, les insectes, le climat, d'autres plantes. Tout cela façonne sa composition biochimique — et son spectre d'action.
Environ 30 à 50 pour cent des composés d'un extrait de millepertuis ne sont pas encore structurellement identifiés à ce jour. Ce n'est pas un déficit de la recherche — c'est un indice de la complexité de la matière végétale. Qui respecte cette complexité transforme les plantes autrement que celui qui ne veut qu'en extraire les principes actifs connus.
Ce qui est déterminant, ce n'est pas la quantité d'un principe actif isolé, mais le spectre d'action complet de la plante — sa vitalité, l'interaction de tous ses composants.
Ceres s'approvisionne exclusivement en plantes issues de cultures biologiques ou biodynamiques ou de cueillette sauvage. Raphael Stucki, responsable de la cueillette sauvage et du contrôle qualité chez Ceres, accompagne l'ensemble du parcours : du site sauvage en passant par la récolte jusqu'à l'analyse de la teinture finie.
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Les plantes sauvages diffèrent souvent dans leur composition biochimique de celles qui sont cultivées. Elles poussent dans des conditions écologiques réelles, sans engrais ni conditions de culture optimisées — et développent en conséquence leur propre spectre d'action. Pour les espèces végétales sensibles, la cueillette sauvage constitue donc le point de départ de la plus haute qualité.
Ceres récolte au moment précis : pour le millepertuis, deux tiers de la plante en bouton, un tiers en fleur, au solstice d'été. Pour d'autres plantes, des critères tout aussi précis s'appliquent. Le moment de la récolte influence considérablement la composition de la plante — des travaux de recherche ont montré que des composants comme l'hypericine et la rutine varient fortement selon le stade de récolte.
La récolte se fait à la main. Les machines iraient plus vite. Elles accéléreraient aussi le processus d'oxydation — ce processus qui, comme l'ont montré des travaux de recherche de l'équipe Ceres, peut réduire l'activité antioxydante d'une teinture mère de 44 pour cent déjà dans les trente premières minutes après le broyage.
La gamme Ceres comprend plus de 60 plantes médicinales, transformées en teintures mères, dilutions et complexes. De l'Aconitum au Viola tricolor — des sites sauvages alpins aux jardins cultivés méditerranéens, des plantes printanières aux plantes automnales.
Chacune de ces plantes possède sa propre essence, sa propre signature, sa propre saison. Chacune nécessite une manipulation spécifique, un moment de récolte dédié, un processus de macération particulier. Le lexique des plantes médicinales de l'Académie Ceres rend accessible ce savoir — sous l'angle botanique, pharmacologique et du point de vue de la doctrine des signatures.
Ce qui unit toutes les plantes Ceres : elles sont sélectionnées avec soin, récoltées avec soin, transformées avec soin. Non pas parce que cela sonne plus romantique. Parce que cela fait une différence.